Les zones humides terrestres de la baie

Régulièrement désignées sous l’intitulé « marais périphériques », elles jouent plusieurs rôles fonctionnels au sein de l’éco-complexe baie.

L’un des plus importants est certainement leur fonction de remise et/ou de gagnage pour les oiseaux en hivernage et en migration.


Mais les marais jouent également le rôle de « station d’épuration » grâce à leur végétation productive qui utilise les nutriments disponibles, y compris les éventuels excès en provenance de l’amont.

Chaque hiver, près de 100 000 laridés, 50 000 limicoles et plus de 10 000 anatidés viennent séjourner en baie, notamment sur son vaste estran pour s’alimenter ou se reposer.

Située sur la grande voie de migration ouest-européenne, la baie constitue ainsi un site d’importance internationale pour l’avifaune migratrice.

La baie maritime joue également un rôle essentiel dans la vie de plusieurs espèces animales emblématiques.

Ainsi, deux mammifères marins fréquentent régulièrement les eaux de la baie : le grand dauphin avec une importante population sédentaire reproductrice et le phoque veau-marin, inféodé aux côtes abritées parsemées de bancs de sable et pour lequel la baie du Mont-Saint-Michel constitue l’extrême sud de son aire de répartition.

La baie constitue également une zone de transit obligée pour plusieurs espèces de poissons migrateurs:

citons le saumon atlantique, migrateur qui remonte les rivières comme la Sée et la Sélune où il se reproduit et qui présente parmi les stocks les plus importants de France, les lamproies marine et de rivière, mais également l’anguille qui est désormais très menacée.

Le bois d’Ardennes héberge une exceptionnelle diversité d’espèces de chauves-souris dont quelques unes parmi les plus menacées d’Europe (grand et petit Rhinolophes, grand Murin, etc. ).

+ carte des différents espaces du site

La baie représente un vaste éco-complexe à forte valeur paysagère et les différentes unités écologiques qui la composent fonctionnent en étroite relation. De nombreux habitats naturels reconnus d’importance européenne y présentent des étendues et des états de conservation remarquables.

Ainsi, l’immense estran sableux découvert à marée basse est à la base de la production importante de peuplements benthiques d’invertébrés, entrant eux-mêmes dans l’alimentation de la piscifaune et de l’avifaune présente en baie.


Connus localement sous le nom de « crassiers », les récifs d’Hermelles, les plus grands d’Europe, rompent avec la monotonie de cet estran. Ils représentent un patrimoine biologique et paysager d’exception et constituent un véritable îlot de biodiversité.

Aux débouchés des petits fleuves côtiers (Sée, Sélune, Couesnon, …), les prés salés, dont les superficies correspondent ici aux plus vastes du littoral français, sont très riches et présentent toutes les successions typiques des communautés atlantiques de plantes adaptées aux milieux salés.

Ce système très productif, tributaire de la bonne qualité des eaux tant continentales que marines, contribue à la richesse économique de la baie (conchyliculture, pêche, …).

Ces étendues maritimes sont associées à des milieux terrestres variés qui s’inscrivent dans le contexte géologique et paysager de la baie.

Leur diversité engendre une importante hétérogénéité des conditions de vie, support d’une faune et d’une flore riches et diversifiés.

Le littoral de Saint-Jean-le-Thomas à Genêts présente les seuls massifs dunaires de la baie composés de la succession typique de ces formations :

dunes mobiles embryonnaires, dunes blanches à Oyats et dunes fixées. Les falaises granitiques de Carolles-Champeaux et les falaises de la pointe du Grouin à Cancale hébergent une flore et une faune d’une richesse exceptionnelle.

Le bois d’Ardennes constitue le dernier massif forestier alluvial de la baie.